Les caractéristiques de l'hypersensibilité

Saverio Tomasella ( psychanalyste fondateur du Centre d’Etudes et de Recherches en Psychanalyse, France) définit l’hypersensibilité comme une caractéristique qui repose fondamentalement sur un phénomène d’amplification. Les ressentis ( sensations, émotions, sentiments) vécus dans telle situation sont nourris et agrandis à l’intérieur de la personne, comme un écho interne qui s’auto-entretient . Comme si une coloration personnelle venait s’ajouter aux premières perceptions. Les perceptions sont alors très aiguës et les ressentis particulièrement intenses.

Il constate que l’hypersensibilité n’est pas forcément permanente chez un individu. Certains moments de la vie sont plus propices que d’autres à l’apparition de ses manifestations . Notamment en période de stress : moments difficiles ( décès, licenciement, …), circonstances particulières ( voyage à l’étranger, mariage, naissance,…), bouleversement hormonal ( grossesse,…) ou changement radical ( déménagement, …). Il signale aussi que l’hypersensibilité n’est pas attribuée à une sexuation ou à un âge. Les femmes ne sont pas plus sensibles que les hommes et les enfants et les vieillards ne le sont pas davantage que les adultes. La sensibilité n’est pas non plus la « sensiblerie » qui est une forme affectée, feinte et artificielle de sensibilité ou de la mièvrerie qui reflète plutôt une fausse sensualité.

Selon Tomasella , l’hypersensibilité désigne le plus souvent une combinaison en proportion variable des trois facteurs suivants:

  • Une intense réceptivité

  • Une forte émotivité

  • Une grande expressivité

Ainsi, les personnes d’une grande sensibilité peuvent avoir certains points communs mais présenter aussi un grand nombre de différences. Certaines sont très impressionnables, timides, réservées, d’autres très exubérantes, très expressives. Elles peuvent éprouver des doutes, des tourments, des découragements profonds et en même temps être capable d’émerveillement, d’enthousiasme. Certaines connaissent des sautes brutales d’humeur et d’autres manifestent une stabilité apparente malgré d’importantes fluctuations émotionnelles internes.

La psychologue Elaine N. Aron ( spécialiste de l’hypersensibilité, diplômée de l’Institut Jung de San Fransisco) rejoint Tomasella en affirmant que l’hypersensibilité est liée à la sympathie, à l’empathie et à la compassion. Elle ajoute que l’hypersensibilité serait une caractéristique héréditaire au même titre que la couleur des yeux et qu ‘elle aurait un rôle à jouer dans l’évolution des espèces. Selon Aron, le système nerveux des hypersensibles ne se trouve pas en état « d’activation chronique ». Il aurait été conçu pour capter plus d’informations et repérer des dangers subtils que des personnes moins sensibles ne perçoivent pas. Dans des temps plus anciens, le rôle de ces individus auraient été de conseiller et d’orienter leurs congénères afin de leur éviter de foncer tête baissée vers le danger… Elle ne corrobore pas l’idée d’une névrose d’angoisse. Les hypersensibles n’éprouveraient pas une angoisse perpétuelle et apparemment sans raison, leur organisme mettrait simplement plus de temps à rétablir l’homéostasie.

Les deux auteurs s’accordent à penser que les hypersensibles ne sont pas au départ des « timides » ou des « inhibés ». La timidité ou l’inhibition seraient des conséquences liées à l’influence de facteurs familiaux ( surtout le rapport à la mère) , sociaux et culturels.

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